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Le secret de la croissance dans la grâce

Lire Ruth 2 : 1-23

Glaner

Cette portion de l’histoire de Ruth nous fait découvrir le secret de la croissance dans la grâce. Ruth nous y est présentée de façon insistante comme glaneuse. Au verset 2, nous l’entendons dire à Naomi : «Je te prie, j’irai aux champs, et je glanerai…». Au verset 7, elle demande aux serviteurs : «Permettez que je glane». Au verset 17, nous lisons : «Et elle glana», puis au verset 23 : «Et elle se tint auprès des jeunes filles de Boaz, pour glaner».

Ruth est donc vue dans ce chapitre comme une glaneuse. Mais quelle est la signification spirituelle de glaner ? Souvenons-nous que le premier chapitre se termine sur ces mots : «elles vinrent à Bethléem au commencement de la moisson des orges». Naomi et Ruth se retrouvaient au milieu de l’abondance. Mais la moisson, aussi copieuse qu’elle soit, ne pourra pas rassasier les affamés si elle n’est pas rentrée. Les moissonneurs et les glaneurs doivent faire leur travail, sinon ils mourront de faim même au milieu de l’abondance. En glanant, Ruth s’approprie, pour ses propres besoins et pour ceux de Naomi, les riches provisions mises à leur disposition par le seigneur de la moisson.

Ne pouvons-nous pas dire que le glanage, sur le plan spirituel, représente l’appropriation par le croyant des bénédictions spirituelles que Dieu lui a octroyées ? Dans l’histoire d’Israël, Dieu avait donné à cette nation un droit de propriété absolu sur le pays promis, dont il avait délimité les frontières de façon très précise. Toutefois Dieu avait aussi déclaré : «Tout lieu que foulera la plante de votre pied sera à vous». Les Israélites devaient prendre possession de leur pays. C’est ainsi que Paul pouvait affirmer avec une entière confiance que les croyants sont bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ. Mais cette certitude ne l’empêchait pas de prier pour que l’Esprit Saint fasse son travail dans l’homme intérieur, afin que les saints puissent comprendre quelle est la largeur, et la longueur, et la profondeur, et la hauteur de toutes ces bénédictions spirituelles.

Dans l’histoire de nos vies, le jour où le Seigneur Jésus nous a appelés à lui, où nous avons su que nos péchés étaient pardonnés, où nous avons été scellés du Saint Esprit et rendus par-là capables de participer au lot des saints dans la lumière, reste à jamais merveilleux ; mais, bien qu’il ne puisse y avoir d’accroissement dans notre capacité de participer à la gloire, l’apôtre désire pourtant constater chez les croyants une croissance «par la connaissance de Dieu» (Col.1 :10). Hélas ! Nous avons été de bien médiocres glaneurs. Combien peu sommes-nous entrés dans les richesses insondables du Christ !

Conditions requises pour le glanage

Comment cela se fait-il que nous soyons des glaneurs si négligents ? N’est-ce pas que le glanage requiert des conditions auxquelles nous ne sommes pas toujours prêts à nous soumettre ? Ceci devient évident au fur et à mesure que nous relevons les qualités qui firent de Ruth une si bonne glaneuse.

Esprit d’humilité et de soumission

Tout d’abord, elle était caractérisée par un esprit d’humilité et de soumission. Elle dit à Naomi : «Je te prie, j’irai aux champs, et je glanerai…». Plus tard, elle demanda aux serviteurs de Boaz : «Permettez que je glane». Elle n’agissait pas de manière indépendante face à ceux qui étaient plus âgés et plus expérimentés qu’elle. Elle ne méprisait pas les directives et les conseils. Elle n’était pas affectée d’une volonté indomptée, qui l’aurait conduite à faire ce qui était juste à ses propres yeux. Pierre peut dire : «Pareillement, vous, jeunes gens, soyez soumis aux anciens ; et tous, les uns à l’égard des autres, soyez revêtus d’humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles» (1 Pi. 5:5). Le Saint Esprit associe la soumission à l’humilité. L’homme fier n’aime pas se soumettre à qui que ce soit. Une volonté non brisée est le plus grand obstacle à la croissance dans la grâce.

Diligence

Deuxièmement, Ruth était caractérisée par la diligence. Comme nous le lisons au verset 7, «elle est venue, et est demeurée depuis le matin jusqu’à cette heure ; ce qu’elle a été assise dans la maison est peu de chose». Puis au verset 17, «et elle glana dans le champ jusqu’au soir». Ne constate-t-on pas aujourd’hui parmi les croyants un sérieux manque de diligence pour les choses de Dieu ? Nous sommes bien zélés pour les choses de ce monde, mais hélas ! nous ne réservons trop souvent que les moments creux de notre vie pour les choses du Seigneur. Étudions-nous la Parole avec application ? Sommes-nous diligents dans la prière ? Nous pouvons bien alléguer que le stress et les difficultés de la vie ne nous laissent guère de temps, mais la question demeure néanmoins : comment utilisons-nous le peu de temps qui nous reste ? En Hébreux 6:12, l’auteur exhorte à la diligence et ajoute : «que vous ne deveniez pas paresseux, mais imitateurs de ceux qui, par la foi et par la patience, héritent ce qui avait été promis». Si nous désirons jouir de notre héritage, nous devons montrer du zèle. Il n’est pas étonnant que nous fassions peu de progrès spirituels si nous trouvons le temps de communiquer amplement sur de nombreux réseaux sociaux et de nous nourrir des dernières actualités de ce monde et que nous n’ayons pas le temps de glaner dans les richesses de la parole de Dieu.

Persévérance

Troisièmement, Ruth était persévérante. Elle n’était pas diligente un jour et paresseuse le lendemain, mais «elle se tint auprès des jeunes filles de Boaz pour glaner, jusqu’à ce que la moisson des orges et la moisson des froments fût achevée» (v. 23). Jour après jour, elle alla glaner, jusqu’à l’achèvement des deux récoltes. Les Béréens reçurent des éloges spéciaux, non pas simplement pour avoir examiné les Écritures, mais pour l’avoir fait chaque jour (Act. 17:11). Il est facile de se montrer zélé une journée, mais rester diligent jour après jour demande de la persévérance. «Chaque jour» est une expression exigeante qui nous met à l’épreuve. Le Seigneur demande à son disciple de prendre sa croix chaque jour (Luc 9:23). Fournir un grand effort pour accomplir un acte de renoncement héroïque est relativement facile, mais persévérer tranquillement jour après jour, à la suite du Christ, est l’épreuve à réussir. Ce n’est pas l’homme qui commence bien qui gagne la course, mais celui qui persévère.

Prière et méditation

Finalement, nous lisons que Ruth «battit ce qu’elle avait glané» (v. 17). Il ne suffit pas de glaner l’orge et le froment, encore faut-il les battre. Les vérités que nous recueillons, soit par notre étude personnelle, soit par le ministère d’autrui, doivent devenir aussi le sujet de nos prières et de notre méditation pour qu’elles puissent contribuer à notre croissance spirituelle. La simple acquisition d’une vérité ne fera qu’enfler notre esprit. Il faut jouir de cette vérité en communion avec le Seigneur pour qu’elle puisse nous mener plus loin dans la connaissance de sa Personne.

Ainsi, pour faire des progrès spirituels, une certaine condition de l’âme est requise, caractérisée par la soumission, la diligence, la persévérance et la méditation.

En outre, l’état de l’âme, bien que primordial, n’est pas tout. L’aide que nous recevons des autres croyants contribue aussi à nos progrès spirituels. Nous voyons cela de manière frappante dans les différents personnages qui apparaissent au cours de ce chapitre. Naomi, les jeunes filles, les moissonneurs, le serviteur établi sur ces derniers, et finalement Boaz, l’homme puissant et riche, défilent les uns après les autres devant nos yeux, et sont toujours présentés en relation avec Ruth. De diverses façons, tous aident la jeune glaneuse dans son travail, nous montrant par-là les différents moyens que Christ utilise pour stimuler chez les siens la croissance spirituelle dans la grâce.



Auteur: D’après H. Smith
Auteur: Croître dans la grâce — Le livre de Ruth