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Entretenir le feu

Un groupe de jeunes se retrouvait à l’endroit où, la nuit précédente, ils avaient allumé un immense feu de bois. Ils en mesuraient la circonférence, s’entretenaient de la hauteur de ses flammes et parlaient avec enthousiasme de leur contribution. Ses cendres fumant encore, ils se sont mis alors à les rassembler, espérant de toute évidence renouveler les joies de la veille. Mais ils ont vite abandonné et sont restés silencieux à contempler la scène. En considérant le résultat de leur travail, j’ai constaté que leurs efforts avaient été inutiles. Ils n’avaient pas ajouté de nouveau combustible.

Ces jeunes et les cendres de leur feu sont devenus pour moi comme une parabole.

Cela me rappelle le temps où je m’efforçais de faire revivre l’enthousiasme et le dévouement  que j’avais jadis pour Christ et son œuvre. En y réfléchissant je dois admettre que j’essayais en fait de rassembler les cendres fumantes du passé et j’ai réalisé que c’était en vain.  En y pensant, je me suis répété : «ce n’est pas possible»; pour que le feu continue à brûler et pour que le présent et l’avenir soient aussi heureux et vigoureux qu’auparavant, il ne sert à rien de s’attarder sur le passé, mais il faut trouver du nouveau combustible. Le feu doit être alimenté tous les jours pour brûler avec une lueur constante.

Puis je me suis souvenu de ce qui concernait Israël : «Le feu brûlera continuellement sur l’autel, on ne le laissera pas s’éteindre» (Lév. 6 :6). A l’autel d’airain le bois brûlait pour faire monter vers Dieu la bonne odeur et les vertus du sacrifice offert. Ainsi les graisses et le sacrifice brûlaient aussi. Je me représentais les Lévites servant au tabernacle, allant chercher du combustible, surveillant le feu de l’autel nuit et jour. Ils l’alimentaient en permanence.

Je me suis demandé comment nos cœurs pouvaient toujours de nouveau brûler pour Christ et quel en est le carburant ?

La réponse à ma question m’est parvenue avec une rapidité et une puissance rafraîchissantes. C’est l’Esprit de Dieu aujourd’hui qui est venu, qui fournit le combustible par la Parole et qui se plaît à entretenir le feu brûlant dans le cœur. Je me suis tourné premièrement vers ce que le Seigneur lui-même a dit de la venue du Saint Esprit. «Mais le Consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses et vous rappellera toutes les choses que je vous ai dites» (Jean 14:26). Ainsi les quatre Evangiles ont été écrits sous la direction du Saint Esprit avec une perfection divine et infaillible, et non pas selon les souvenirs naturels et défectueux des disciples, afin que nous - oui, toi et moi - puissions entendre les mêmes mots et connaître les mêmes voies de notre Seigneur Jésus que lorsqu’Il parlait et agissait quand Il était ici sur la terre. Lorsque nous entendons ses paroles et que nous le considérons, nous nous disons l’un à l’autre, «nos cœurs ne brûlaient-ils pas au-dedans de nous alors qu’il nous parlait en chemin ?» et nous lui disons avec adoration, «Tu as les paroles de la vie éternelle.» Il y a, pour entretenir ce feu, du combustible inépuisable dans les Evangiles, comme aussi d’ailleurs dans toute la Bible.

Et le Seigneur ajoute au sujet de l’Esprit : «Mais quand le Consolateur sera venu, lequel moi je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui procède du Père, celui-là rendra témoignage de moi» (Jean 15:26). Le Saint-Esprit témoigne de l’exaltation de notre Seigneur. Nous avons ce témoignage principalement dans les Actes des Apôtres. Si son humiliation, sa grâce et sa douceur, la contradiction qu’il a rencontrée, ses souffrances et sa mort, tout ce qui est inscrit pour nous dans les Evangiles, nous poussent à un amour fervent pour lui, le témoignage de l’Esprit dans les Actes nous remplit de triomphe. Il est le Vainqueur, «Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus». Il l’a «exalté par sa droite prince et sauveur».  En contemplant son exaltation, sa gloire et son Nom qui est au-dessus de tout nom, réalisant que dans la gloire il est «toujours vivant pour intercéder pour nous», alors notre cœur brûle, la parole et l’Esprit sont en effet comme du combustible. Lorsque ses disciples voient Jésus élevé au ciel, ils se prosternent devant lui et sont remplis d’une grande joie. Ils louent et bénissent Dieu continuellement. Il en sera ainsi pour nous tant que nous recevrons ce que l’Esprit témoigne de sa gloire dans le ciel. Et avec quelle lueur ce feu a-t-il brûlé ! Dans la vie des apôtres, c’était comme un feu qui brûlait en eux lorsqu’ils témoignaient de la gloire de leur Seigneur avec puissance et par le Saint-Esprit, avec beaucoup de hardiesse.

Mais le Seigneur dit plus loin: «Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité : car il ne parlera pas de par lui-même ; mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses qui vont arriver. Celui-là me glorifiera ; car il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. Tout ce qu’a le Père est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend du mien, et qu’il vous l’annoncera» (Jean 16: 13-15). Ces paroles nous amènent aux épîtres car il y a des choses célestes que l’Esprit entend et nous révèle. 1 Corinthiens 2 nous parle de la sagesse cachée  – «Ce que l’œil n’a pas vu, et que l’oreille n’a pas entendu, et qui n’est pas monté au cœur de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment – mais Dieu nous l’a révélée par son Esprit ; car l’Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu.» Toutes choses, ce sont les choses de Christ, y compris les nôtres puisqu’elles sont à lui, car nous sommes cohéritiers avec lui, et il donne, non pas comme le monde donne, mais il partage tout ce qu’il possède avec ses cohéritiers. Quel combustible n’y a-t-il pas dans ces épîtres inspirées par l’Esprit Saint!

 «Et il vous annoncera les choses qui vont arriver,» il nous transporte dans l’Apocalypse où la gloire céleste de notre Seigneur est dévoilée pour faire brûler nos cœurs ; mais ils ne brûleront que dans la mesure où nous aurons des oreilles attentives pour «écouter ce que l’Esprit dit aux assemblées».

Le secret : rester humblement soumis à l’Esprit Saint. Si nous l’attristons, le feu s’éteindra pour ne laisser que des cendres fumantes; si nous sommes indifférents à Christ nous l’attristons. Et l’indifférence vis-à-vis de Christ attriste aussi douloureusement son cœur à lui. Nous le voyons dans ses paroles à l’assemblée de Laodicée: «Je connais tes œuvres, – que tu n’es ni froid ni bouillant. Je voudrais que tu fusses ou froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche» (Apoc. 3: 15-16). Puissions-nous être préservés d’une telle condition. Pour cela, notre cœur doit être alimenté régulièrement chaque jour avec du bon combustible.

Ainsi l’Esprit se plaît à alimenter le feu dans nos âmes; c’est son grand travail, et il ne sera pas en vain, car à la fin du livre, nous lisons que l’Esprit et l’Epouse disent à Jésus: «Viens» ! Ce cri s’élève de cœurs qui brûlent d’amour pour lui et ne seront satisfaits que lorsqu’ils seront avec lui.



Auteur: D’après JT Mawson