..

Inscription

<retour
   
La logique en échec

Apprendre à bien raisonner ?

Bien raisonner est l’un des grands buts de l’école et des études. Et dans la vie professionnelle comme dans la vie courante, nous sommes constamment appelés à bien raisonner, à faire des déductions correctes. Quelle est la place de la logique et du raisonnement dans les choses de Dieu?

Dans sa révélation, Dieu utilise assez souvent des argumentations dont la forme rappelle le raisonnement déductif auquel nous sommes habitués. Mais sa Parole contient d’innombrables choses qui dépassent la compréhension de l’homme et que nous devons recevoir par la foi. Si nous sommes conscients de notre petitesse devant Dieu, de la vision des choses extrêmement limitée qui est la nôtre et de la faiblesse de nos facultés intellectuelles, il ne nous sera pas difficile de renoncer à tout comprendre. Le but de Dieu est de mettre sa révélation dans nos cœurs: «Le cœur de l’homme intelligent cherche la connaissance» (Prov. 15: 14) et il «l’acquiert» (18: 15). Ainsi, c’est la foi qui est l’élément essentiel de notre compréhension des choses divines: «Par la foi, nous comprenons…» (Héb. 11: 3).

L’enfant et l’adulte

Ecoutez la conversation d’un petit enfant avec l’un de ses parents. Vous remarquez que le papa ou la maman ne lui dit pas tout, ne lui explique pas tout. Il ne pourrait pas comprendre. L’enfant voit l’aspect extérieur des choses, et seulement une petite partie de celui-ci. Il ne peut discerner les liens de cause à conséquence entre certaines choses qu’il perçoit.

Voilà une image de ce que nous sommes devant Dieu (1 Cor. 13: 9-12). L’apôtre Paul écrit : «Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant» (v. 11). Il compare son passage de l’état d’enfance à l’état d’adulte à la transformation incomparablement plus grande qui s’opérera pour lui, lorsqu’il sera introduit dans la gloire céleste avec un corps d’homme ressuscité. Se réjouissant d’un jour futur, il dit: «Maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond, comme aussi j’ai été connu» (v. 12).

Comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre

«Car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées» (Es. 55: 9). L’exemple des pensées d’un petit enfant en comparaison de celles d’un adulte nous donne une petite idée de la situation de nos pensées devant celles de Dieu. De fait, les pensées de Dieu sont encore beaucoup plus au-dessus des nôtres, puisqu’elles sont «comme les cieux au-dessus de la terre», c’est-à-dire infiniment au-dessus.

Nous comprenons les pensées de Dieu révélées dans sa Parole, en les recevant par la foi dans une attitude de soumission. Et le Saint Esprit nous les fait comprendre, dans la mesure où de petits êtres comme nous peuvent entrer un peu dans les pensées du grand Dieu créateur. Mais ces révélations divines ne peuvent pas entrer dans les schémas de la logique humaine auxquels nous sommes habitués. Nous avons à recevoir avec foi tout ce que Dieu nous dit, en acceptant de ne pas comprendre toujours comment les choses s’imbriquent et se complètent.

Quelques vérités de base où la logique humaine ne peut entrer

Concernant la personne de Christ, Dieu et Fils de Dieu
L’évangile de Jean débute ainsi: «Au commencement était la Parole; et la Parole était auprès de Dieu; et la Parole était Dieu» (1: 1). Selon ce que nous savons bien par notre vie d’êtres humains, si une personne est auprès d’une autre, elle n’est pas cette autre. D’une façon pour ainsi dire paradoxale, nous apprenons dans ce passage que, de toute éternité, le Fils de Dieu était «auprès de Dieu» et qu’il «était Dieu». La suite du chapitre nous confirme que Celui qui est appelé «la Parole» est Jésus Christ: «La Parole devint chair» (v. 14).

Concernant la personne de Christ, Dieu et homme
L’Ecriture nous enseigne que «Dieu a été manifesté en chair» (1 Tim. 3: 16). Ce verset condense ce qui est affirmé de nombreuses fois ailleurs: Jésus est Dieu et il est homme. Sa parfaite divinité est montrée et soulignée dans de nombreux passages, de même que sa parfaite humanité.

Etant Dieu, il s’est anéanti lui-même et a pris la forme d’un homme (Phil. 2: 7). C’était une nécessité pour qu’il puisse être chargé de nos péchés et mourir à notre place.

Les gens qui se prétendent chrétiens et qui nient «Jésus Christ venu en chair» sont à rejeter comme étant de faux docteurs. Il ne faut pas les écouter ni discuter avec eux (2 Jean 1: 7-11).

Mais reconnaissons humblement que notre esprit ne peut pas vraiment comprendre comment Jésus peut être à la fois Dieu et homme. Nous recevons simplement ce que Dieu nous dit dans sa Parole.

Concernant la mort de Christ
Cette mort était nécessaire pour notre salut, et pour la réalisation des plans souverains de Dieu. Elle était dans ses plans de toute éternité. Jésus est «l’agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde» (1 Pi. 1: 19-20). Cela implique-t-il que les hommes qui l’ont crucifié n’ont rien fait d’autre que d’accomplir la volonté de Dieu? Certainement pas! Ils sont entièrement responsables de leur rejet de Christ et de sa crucifixion. Les deux aspects de la vérité sont présentés dans une même phrase de la prédication de Pierre en Actes 2: «Jésus le Nazaréen… ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu, – lui, vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques» (v. 22-23). Ceux qui l’ont rejeté et crucifié sont entièrement coupables d’avoir fait cela.

Ces deux aspects apparaissent aussi dans la prière que les croyants du début de l’Eglise adressent à Dieu: «Dans cette ville, contre ton saint serviteur Jésus que tu as oint, se sont assemblés et Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et les peuples d’Israël, pour faire toutes les choses que ta main et ton conseil avaient à l’avance déterminé devoir être faites» (Act. 4: 27-28).

Concernant notre réception du salut
De nouveau apparaissent deux côtés: celui de Dieu et celui de l’homme. Ils sont vrais autant l’un que l’autre, mais l’esprit humain ne peut pas saisir comment ils s’imbriquent.

Les paraboles de Luc 15 nous les présentent de la manière la plus simple possible. Dans la parabole de la brebis perdue, celle-ci ne fait rien et ne peut rien faire pour son salut. C’est le berger qui fait tout. Il en est de même dans la parabole de la drachme perdue; c’est la femme qui fait tout. Par contre, dans la parabole du fils prodigue, le père attend que son fils revienne, et c’est quand il le voit revenir qu’il court au-devant de lui, le couvre de baisers, lui pardonne ses fautes et l’amène dans sa maison. Cette dernière parabole montre la responsabilité du pécheur de venir à Dieu et de se repentir, alors que les deux premières montrent l’œuvre de Dieu pour le salut d’une âme.

Le chapitre 3 de Jean nous montre également ces deux aspects. Le Seigneur parle à Nicodème de la nouvelle naissance, qui est indispensable pour voir le royaume de Dieu, ou pour y entrer (v. 3 et 5). Et il indique quelle est la source de cette nouvelle naissance. Il faut être «né d’eau et de l’Esprit» (v. 5) – l’eau étant ici l’image de la parole de Dieu qui opère une œuvre de vivification. Le Seigneur parle aussi d’être «né de l’Esprit», et de nouveau au verset 8. Ces passages, comme ceux qui parlent d’être engendré de Dieu (Jacq. 1: 18; 1 Jean 5: 1), nous montrent l’œuvre de Dieu qui crée une nouvelle vie. Si nous sommes des enfants de Dieu, c’est grâce à l’œuvre de vivification qu’il a opérée en nous.

Mais Jean 3 nous montre aussi un autre aspect des choses. Le salut est offert à tous. Dieu «a donné son Fils unique» (v. 16) – et le Fils de l’homme a dû être élevé sur la croix (v. 15) – «afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (v. 15, 16). «Quiconque…!» – Le salut est offert à tous sans exception. Chacun est responsable de l’accepter.

«Que celui qui a soif vienne; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie!» (Apoc. 22: 17).

Concernant l’élection
En fait, l’action de Dieu en notre faveur, pour faire de nous ses enfants, a commencé bien avant notre naissance. Nous avons été élus en Christ «avant la fondation du monde» (Eph. 1: 4). Un verset de Romains 8 résume ce que Dieu a fait et fera pour ses rachetés, depuis l’éternité passée jusqu’à l’éternité à venir: nous avons été «préconnus», «prédestinés à être conformes à l’image de son Fils», «appelés», «justifiés» et «glorifiés» (v. 29-30). Tout est de Dieu.

Ces passages nous parlent de la souveraineté de Dieu dans l’exercice de sa grâce. Comme d’autres encore, par exemple: «Je ferai miséricorde à celui à qui je fais miséricorde» (Rom. 9: 15).

Mais ce grand fait de l’élection, qui dépasse notre compréhension, n’enlève rien à la responsabilité de l’homme. Celle-ci demeure entière. Aucun passage ne nous dit que Dieu ait prédestiné des hommes à être perdus. Il n’est parlé de prédestination qu’en vue de la gloire (Rom. 8: 29-30; Eph. 1: 5, 11). Dieu offre le salut à tous les hommes. Il «veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité» (1 Tim. 2: 4). Il appelle à lui tous les hommes: «La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes» (Tite 2: 11).

Concernant notre relation avec Dieu comme Père
D’une part, comme nous l’avons vu plus haut, nous sommes «nés de l’Esprit» (Jean 3: 8), nous avons été «engendrés de Dieu» (Jacq. 1: 18; 1 Jean 5: 1), et ainsi «nous participons de la nature divine» (2 Pi. 1: 4).
D’autre part, la Parole nous révèle que Dieu nous a «adoptés», nous a donné la position de fils que nous ne possédions pas (Rom. 8: 15; Gal. 4: 5; Eph. 1: 5).

Dans les choses terrestres, être un fils parce qu’on a été engendré ou parce qu’on a été adopté sont deux possibilités qui s’excluent mutuellement. Mais dans la révélation que Dieu nous a faite, nous apprenons que les deux choses sont vraies l’une et l’autre.

Concernant notre mort avec Christ
Comme dernier exemple, jetons un coup d’œil sur l’enseignement des épîtres de Paul au sujet de notre mort avec Christ. Nous avons des expressions telles que: «Je suis crucifié avec Christ» (Gal. 2: 20), «notre vieil homme a été crucifié avec lui» (Rom. 6: 6), «ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises» (Gal. 5: 24). Tous ces versets expriment l’idée de la mort, pour le vieil homme, pour la chair, et pour moi. D’autres versets qui expriment la même pensée contiennent aussi celle de la vie: «Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu» (Col. 3: 3), «Tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus» (Rom. 6: 11). «Livrez-vous vous-mêmes à Dieu, comme d’entre les morts étant faits vivants» (v. 13).

Notre but n’est pas d’expliquer ce vaste et important sujet, mais d’attirer l’attention sur le fait qu’il y a deux aspects des choses: d’une part, nous sommes morts, et d’autre part nous sommes vivants. Ce qui, pour l’homme naturel, est évidemment contradictoire. Chercher à éclaircir ce sujet par les ressources de la logique humaine ne nous conduira qu’à l’erreur. Nous avons à recevoir avec simplicité et avec foi ce que Dieu nous enseigne dans ces différents passages, qui doivent toujours être placés dans leur contexte pour être compris. Et nous avons la ressource du Saint Esprit pour nous amener à comprendre la pensée de Dieu, et à y conformer notre vie.

Incompatibilité de la sagesse de Dieu et de celle de l’homme

La première épître aux Corinthiens, dans ses premiers chapitres, nous fournit un enseignement de base concernant deux sagesses incompatibles.
Les pensées des Corinthiens avaient été formées dans un pays où l’intelligence humaine avait particulièrement brillé. Mais toute la philosophie des Grecs et tous leurs raisonnements ne les avaient pas conduits à Dieu – bien au contraire! L’apôtre dit alors: «Puisque, dans la sagesse de Dieu, le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu, il a plu à Dieu, par la folie de la prédication, de sauver ceux qui croient» (1: 21). Par le moyen de ce qui paraît à l’homme une folie – ce qu’annonce l’évangile – il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. Leur salut résulte de leur acceptation sans raisonnement de ce que Dieu déclare.

Le message de Dieu demeure une folie pour l’homme naturel. «La parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais à nous qui obtenons le salut elle est la puissance de Dieu» (v. 18).

D’autre part, toute la sagesse humaine n’a aucune valeur devant Dieu. «Dieu n’a-t-il pas fait de la sagesse du monde une folie?» (v. 20). «La sagesse de ce monde est folie devant Dieu… Le Seigneur connaît les raisonnements des sages, qu’ils sont vains» (3: 19-20).
En résumé: pour l’homme naturel, la sagesse de Dieu est une folie, et pour Dieu, la sagesse de l’homme naturel est une folie.

Conclusions

Méfions-nous des théories des hommes. Même si elles ont belle apparence, elles sont souvent contraires à l’enseignement de la parole de Dieu. «Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par de vaines déceptions, selon l’enseignement des hommes, selon les éléments du monde, et non selon Christ» (Col. 2: 8). «Mon fils, cesse d’écouter l’instruction qui fait errer loin des paroles de la connaissance» (Prov. 19: 27).

Ne cherchons pas à mettre l’enseignement de la Parole dans des schémas logiques ressemblant à ceux que construisent les hommes pour leurs théories. Les pensées de Dieu sont infiniment élevées au-dessus de nous. Recevons-les par la foi, telles qu’il nous les a communiquées, sans rien y ajouter ni en retrancher. Il arrive que nous ne comprenions pas clairement comment les divers aspects de la vérité se concilient. Mais recevons-les tels que Dieu nous les enseigne, selon leurs divers aspects, dans une entière soumission d’esprit.



Auteur: Jacques-André Monard