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Le syndrome d’Hobab

Au passage à une nouvelle année on s’arrête volontiers pour réfléchir au sens de la vie. Dans les temps mouvementés que nous traversons, beaucoup cherchent à s’orienter. Qui nous conduira ? Mais d’abord ! Qui m’a conduit jusqu’à ce jour ? Qui t’a conduit jusqu’à aujourd’hui ? Oui, je sais, tu vas répondre du tac au tac : le Seigneur Jésus bien sûr. Mais ne répond pas trop rapidement ni avec trop d’assurance. Pourquoi ? Parce que nous avons tous la fâcheuse tendance à suivre beaucoup plus facilement un homme que de nous laisser conduire par Dieu.

Le changement d’année est certainement un moment approprié pour se poser une telle question et chercher une réponse honnête. En Nombres 10, Dieu nous donne une leçon toujours actuelle.

Hobab ou l’Eternel?

Une immense tâche avait été confiée par Dieu à Moïse : conduire le peuple, suivant le commandement divin ! Ce sont probablement plus de deux millions de personnes qu’il devait amener en Canaan. On comprend qu’il ait prié Dieu à plusieurs reprises de l’en dispenser. Mais le plan de Dieu était qu’il soit leur guide. En Nombres 9, peu avant le début de la véritable traversée du désert, Dieu lui avait donné deux aides efficaces : la colonne de nuée de jour et de feu la nuit, qui devait montrer le chemin, ainsi que les deux trompettes d’argent. Jusque-là, tout va bien. C’est très simple pour Moïse, on ne saurait imaginer quelque chose de plus simple. Si la colonne restait sur place, le peuple devait rester au repos ; si elle s’élevait, le peuple devait se mettre en marche. Rien de plus simple pour Moïse, pas vrai ? Il suffisait d’observer la colonne ! Dieu qui avait libéré le peuple de l’Egypte, qui avait fendu la mer, dont le peuple avait réalisé la puissance et l’avait loué par des cantiques, ce Dieu puissant connaissait certainement le chemin. Et personne ne savait cela mieux que Moïse. Alors, Moïse, au travail !
« Et l’Eternel dit : Ma face ira, et je te donnerai du repos » (Exode 33 v. 14)

Mais cela s’est passé tout autrement. Il est arrivé quelque chose d’incroyable à première lecture. Avant même que Moïse ne fasse le premier pas, avant qu’il fasse les premiers mètres derrière la colonne, oui, avant de mettre sa confiance en Dieu pour le conduire, il fait appel à une « béquille » humaine. « Hobab, je suis content que tu sois là. Je dois traverser le désert avec cet immense peuple. C’est un défi que je ne puis relever seul. Tu es l’expert dont j’ai besoin. » Et il lui dit textuellement : « Et tu nous serviras d’yeux » (Nombres 10 v. 31).

Moïse, que t’arrive-t-il ? As-tu la mémoire courte ? Dieu ne vient-il pas de t’expliquer dans le moindre détail comment le voyage devrait se dérouler et que c’est lui qui prendra le commandement ? Et l’instant d’après, tu supplies carrément Hobab de servir de guide ? Moïse, que t’arrive-t-il ?

Ecrit pour nous

Peut-on transposer cette situation à ce que nous vivons aujourd’hui ? On aimerait dire que non. Cependant, je vais le faire. D’abord, pour ce qui concerne Dieu. Il n’a pas changé depuis ce temps-là. Il ne change jamais. Il veut continuer à nous diriger. Il connaît le chemin ; il connaît aussi bien le but que la mesure de nos forces. Ce n’est pas lui qui fera défaut, et pour ce qui dépend de lui, nous n’aurons aucune incertitude pour notre vie.

Mais nous ressemblons à Moïse. Nous sommes enclins, plus que nous ne le pensons, à faire confiance à une personne que nous voyons. C’est si facile, de suivre simplement un homme, plutôt que de prendre la peine de remettre son chemin au Seigneur Jésus par la prière.

Le chrétien trouve souvent plus simple de vivre par la vue que par la foi. Combien facilement nous sommes disposés à faire confiance aveuglément à un « guide humain » et à reléguer le Seigneur à l’arrière-plan.
A combien de Hobab avons-nous fait confiance, toi et moi ? Ne sommes-nous pas devenus dépendants d’eux, déshonorant ainsi le Seigneur ? N’est-ce pas agir comme si nous ne lui faisions plus confiance pour nous conduire ? Dieu peut-il tolérer un tel comportement ? N’oublions pas la sérieuse exhortation de Jérémie 17 : « Maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras, et dont le cœur se retire de l’Eternel. » (v. 5).

L’Eternel seul

Quant à Moïse, que lui est-il arrivé ? Dieu intervient d’une manière inoubliable. L’arche de l’alliance s’est alors déplacée pour devancer le peuple le chemin de trois jours « pour leur chercher un lieu de repos » (v. 33). Dès lors, on n’entend plus parler de Hobab. Le peuple a dû remarquer que Dieu n’était plus au milieu de lui.

38 ans plus tard, Moïse rappelle à son peuple, à propos de la traversée du désert : « L’Eternel seul l’a conduit, et il n’y a point eu avec lui de dieu étranger » (Deutéronome 32 v. 12). « L’Eternel seul », c’était le secret de la traversée du désert, malgré ses défaillances, ses murmures et son mécontentement.

Ce récit doit nous servir d’avertissement. Il suffit de peu, même dans une bonne intention, et nous mettons un homme à la place de Dieu. Nous connaissons tous l’exemple de cette grande église, qui prétend avoir à sa tête le « représentant de Dieu  ». Ce danger nous guette quand nous sommes ensemble avec des chrétiens car il me guette aussi dans mon cœur. Encourageons-nous à suivre le Seigneur, à lui faire vraiment confiance. Il ne nous décevra pas, disant encore aujourd’hui : « Toi-suis-moi ».
 
« Et il les conduisit dans un chemin droit, pour aller dans une ville habitable » Psaume 107 v. 7

« Seigneur, auprès qui nous en irions-nous ? Jean 6 v. 68



Auteur: Adapté de Klaus Güntzschel
Auteur: - « Folge mir nach » 01/2000