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Le Fils de son amour

Avant la lecture de cet article, nous recommandons au lecteur de lire attentivement les chapitres 21 à 25:5 de la Genèse. Puis nous considérerons particulièrement les chapitres 22:1-8 et 24:56-67.

Le chapitre 22 de la Genèse nous situe dans la dernière étape de la vie d’Abraham, là où sa foi a brillé d’une manière extraordinaire. Sa foi remarquable peut nous enseigner bien des leçons pratiques. Mais il y a aussi un deuxième côté dans ce passage. C’est l’aspect prophétique. Et celui-ci est encore plus élevé.

Pourquoi le côté prophétique est-il encore plus beau ? Parce qu’il nous présente Christ. Et c’est en pensant à Lui que nous aimerions nous occuper maintenant de ces passages de la Parole de Dieu.

La grande ligne prophétique

A partir du chapitre 21 de la Genèse, et jusqu’au premier paragraphe du chapitre 25, nous avons un tout. C’est une des plus belles images que l’on trouve dans l’Ancien Testament concernant Christ dans bien des aspects de sa personne merveilleuse. De plus, cette image est chronologique, ce qui n’est pas le cas de toutes les images de l’Ancien Testament.

(voir illustration en annexe)

  1. Dans le chapitre 21 nous trouvons la naissance d’Isaac. Le fils de la promesse entre dans ce monde. Tout comme Christ, né d’une femme. Né sous la loi. Le Fils du Père vient sur la scène où nous vivons.

  2. Le chapitre 22 préfigure la mort et la résurrection de Christ. Il est clair que la scène sur la montagne de Morija ne parle pas seulement de la mort du Seigneur Jésus, mais aussi de sa résurrection. A la fin Isaac était en vie et Hébreux 11:19 enlève tous les doutes à ce sujet.

  3. Le nom de Rebecca est mentionné pour la première fois à la fin de ce chapitre 22. N’est-ce pas parce qu’elle est une image de l’Assemblée, le fruit de la mort de Christ ?

  4. Le chapitre 23 nous relate la mort de Sara. Elle était la mère d’Isaac. La mère doit faire place à l’épouse. Celle qui, selon la chair, a donné naissance au Seigneur Jésus doit quitter la scène. Pourquoi ? C’est une image de l’abandon par Christ de son peuple terrestre. La mère est mise de côté. Pas pour toujours, car Abraham va se remarier comme nous le verrons. Mais elle est mise de côté pour un temps.

    Après le décès de Sara, le serviteur d’Abraham s’en va pour chercher une épouse pour Isaac. C’est ce que nous avons dans ce long chapitre 24. Le serviteur ne se contente pas de la chercher, il la trouve et l’amène à l’époux. Quelle grâce magnifique !

  5. Ensuite au chapitre 25 Abraham se remarie avec Ketura. On peut voir dans cette deuxième femme d’Abraham, la restauration d’un résidu d’Israël après l’enlèvement de l’Eglise. Les enfants qu’Abraham aura avec elle sont ainsi une image des croyants du temps du millénium.
Quelques parallèles et antiparallèles

Sans entrer plus en détail sur chacune de ces étapes prophétiques, considérons ensemble un peu plus précisément les passages de Genèse 22:1-8 et 24:56-67.

En comparant ces deux passages nous découvrons facilement des parallèles mais aussi des différences.

Dans le premier de ces passages le verbe « aimer » se trouve pour la toute première fois dans la Parole de Dieu. C’est l’amour du Père pour le Fils. Dans le second passage nous avons la deuxième mention du mot « aimer » dans la Parole. Et là c’est l’amour de l’époux pour l’épouse.

Dans les deux passages nous voyons quelqu’un qui lève les yeux. Abraham lève les yeux et voit la montagne de Morija. Dieu le Père a toujours la mort de son Fils devant ses yeux. C’est de cela qu’est rempli le cœur du Père. Dans le chapitre 24, c’est Isaac qui en premier lève les yeux et voit Rebecca.

Au chapitre 22 Abraham se lève de bon matin (v. 3). C’est d’une certaine manière le commencement des voies de Dieu. Le deuxième passage parle de l’approche du soir (v. 63). C’est pour ainsi dire la fin ou le but des voies de Dieu.

Le sacrifice du Fils (Genèse 22:1-8)

Ce passage nous présente des choses extrêmement élevées et nous avons à l’étudier avec révérence. Esquissons simplement quelques traits de ce que le Saint Esprit nous présente en image. Nous verrons  que d’être occupé de ce qui nous parle de Christ nous conduit à L’adorer.

Le Fils du Père

Le verset 2 est poignant. Il semble que Dieu enfonce le couteau toujours plus profondément dans l’âme d’Abraham. Ne suffisait-il pas de lui dire : « Prends ton fils et offre-le en holocauste » ? S’il en dit plus, c’est que cela nous parle de Christ : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ».

  • « Prends ton fils, ton unique »

En Romains 8:32 nous lisons que Dieu n’a pas épargné son propre Fils. Et dans le verset bien connu de Jean 3:16 il est dit : « Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique ». Le mot unique veut dire qu’il n’y en avait pas d’autre mais aussi qu’Il est le seul de son genre. Le Seigneur Jésus était le seul de son genre. Et il l’est jusqu’à aujourd’hui et pour toujours. Même s’il est devenu homme, Il est le Fils unique du Père, que le Père a été prêt à donner (Marc 12:1-12).

  • « celui que tu aimes »

C’est remarquable qu’avec la première mention de l’amour dans la Bible, Dieu dirige nos regards sur l’amour du Père pour le Fils. En Jean 3:35 nous trouvons « Le Père aime le Fils ». Cet amour est de toute éternité, dès avant la fondation du monde ; et il n’a pas changé lorsque le Seigneur Jésus est venu dans ce monde en tant qu’homme. L’amour du Père pour le Fils est éternel et ne changera jamais. Nous n’avons pas la bonne appréciation sans reconnaître l’intérêt et l’amour de Dieu le Père pour son Fils. Et fait merveilleux, nous qui sommes en Christ (Rom 8:1), nous y sommes aussi inclus, comme nous le verrons plus loin.

  • « Isaac »

Un coup supplémentaire dans le cœur du Père. En Genèse 17 (v. 19) Dieu avait dit que le fils de la promesse devait s’appeler Isaac. Isaac veut dire « rire ». Le Seigneur Jésus est la joie de son Père. Il n’est pas seulement l’objet de son amour, il est aussi le plaisir du Père. Que c’est précieux de pouvoir participer en quelque sorte à cette joie du Père. La joie la plus profonde que nous pouvons connaître est celle de partager la joie du Père au sujet de son Fils. C’est déjà le cas aujourd’hui, mais quand nous serons dans la maison du Père, nous connaîtrons cette joie d’une façon parfaite.

Le voile retiré pour un instant

Dieu demande à Abraham d’offrir Isaac, son fils unique et bien-aimé, en holocauste sur une des montagnes qu’il lui montrera. Dans le sacrifice d’Abel (Genèse 4), qui était aussi un holocauste, nous avons surtout la pensée de l’excellence de l’offrande. Et quant au prochain sacrifice relaté, celui de Noé après le déluge (Genèse 8), c’est peut-être davantage la pensée de la pureté morale qui est mise en évidence.

Mais quand nous arrivons à Genèse 22, il me semble que, pour ainsi dire, Dieu retire pour un court instant le voile qui est sur tous les sacrifices. Nous découvrons que le sacrifice est un fils, offert par son père – et cela nous conduit à l’adoration. Le Père donne son Fils. Il nous est permis de contempler cela un court instant, puis le voile est redéployé. Bien des dispositions viendront dans la loi au sujet des sacrifices mais le voile ne sera plus jamais écarté comme dans notre passage.

Abraham devait s’en aller dans le pays de Morija pour y offrir son fils. 2 Chroniques 3:1 nous montre que c’est le pays où se trouve Jérusalem, l’endroit où le temple sera construit plus tard. C’est là que le Seigneur Jésus devra se rendre pour y souffrir et même y mourir (Matthieu 16:21).

Seul avec le Père

Nous voyons Abraham se lever de bon matin. Dieu n’hésite pas à réaliser son plan, arrêté dès avant la fondation du monde. Puis arrive le moment où les jeunes hommes et l’âne doivent rester en arrière. Dans la vie du Seigneur Jésus, il y a eu aussi un tel moment, où Il a dû continuer seul son chemin. En Jean 13, par exemple, quand Pierre demande : « Seigneur, où vas-tu? » pensant pouvoir suivre son maître où qu’il aille, le Seigneur lui répond : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ». Et au chapitre 16:32 nous lisons : « vous serez dispersés chacun chez soi, et vous me laisserez seul ». Mais en Jean 8 le Seigneur dit aussi : « je ne suis pas seul » et « celui qui m'a envoyé est avec moi ». N’est-ce pas la réalisation de la phrase « ils allaient les deux ensemble » qui se trouve deux fois dans notre passage ?

Au troisième jour, Abraham lève les yeux et voit le lieu de loin. Pendant ces trois jours, Isaac était pour ainsi dire sous la sentence de mort. Durant toute sa vie le Seigneur avait devant lui la croix –pensée insaisissable ! L’ombre de la croix s’est projetée tout au long de son chemin. En contraste, Isaac n’a pensé qu’à un court moment à l’agneau pour l’holocauste, tandis que le Seigneur Jésus, Lui, savait parfaitement qu’il serait cet Agneau, avant même qu’il ne vienne ici-bas. Mais le Seigneur, n’étant pas seulement parfaitement homme mais aussi Dieu, connaissait toutes choses et avait un parfait jugement de toutes choses ; combien alors cela a dû rendre ses souffrances immensément grandes.

Une parfaite soumission

Ils montent alors sur la montagne de Morija. Isaac portant le bois  est encore une image du Seigneur Jésus portant sa croix. Cependant Lui savait tout à l’avance. Durant cette marche muette, pas de joyeux échanges. Le silence est cependant rompu par la voix du jeune homme : « Voici le feu et le bois; mais où est l'agneau pour l'holocauste? »

Jusque-là nous avons considéré l’amour du Père, mais j’aimerais attirer l’attention maintenant sur l’obéissance du fils. En Isaac nous avons une image émouvante de l’obéissance de Christ envers son Père.
A ce moment Isaac n’était plus un enfant. Il aurait pu se défendre. Il aurait eu assez de force pour s’opposer à son père. Mais nous n’entendons pas un seul mot de plainte. Il pose sa question, mais il ne conteste pas.

Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste

Abraham prend alors le feu et le couteau. Dieu est un feu consumant (Hébreux 12:29). Christ n’a pas seulement enduré le feu de l’épreuve sur son chemin, mais il a aussi enduré le feu du jugement divin contre le péché. Et le couteau nous parle de la mort. Le Prince de la vie, l’héritier de toutes choses devait mourir.

Abraham appellera cette montagne « Jéhova-Jiré » ce qui veut dire « L’Eternel pourvoira ». C’est la montagne de la préconnaissance de Dieu – la préconnaissance de son Fils, l’Agneau préconnu dès avant la fondation du monde.

Nous avons dans ces quelques versets une touchante illustration de Celui qui a été livré à la mort par la préconnaissance de Dieu (Actes 2:23) afin de fournir le moyen pour sauver les pécheurs. Que Dieu n’ait pas épargné son propre Fils nous conduit à l’adoration. Mais cela n’enlève rien à la responsabilité de l’homme d’avoir mis à mort le Christ.

Une épouse pour son Fils (Genèse 24:56-67)

Le sacrifice de son propre Fils est la base que Dieu a établie pour l’accomplissement de ses pensées. La scène magnifique que nous avons au chapitre 24 nous présente un résultat de la mort du Seigneur Jésus.

Ce chapitre ne nous montre pas comment Dieu sauve le pécheur repentant, mais plutôt ce que Dieu fait des pécheurs sauvés, comment il les unit ensemble à Christ. Dans les jours de déclin où nous vivons, nous faisons bien de penser d’avantage à ce côté glorieux, à savoir comment le cœur du Père et le cœur du Fils voient l’Assemblée, l’épouse de Christ.

Iras-tu ?

Quand le serviteur a trouvé l’épouse, il a hâte de retourner à la maison: « ne me retardez point ». Il insiste et on demande alors à Rebecca : « Iras-tu avec cet homme ? » Elle aurait pu dire « Je ne le connais pas ! Et je ne connais pas l’époux non plus ! ». Mais rien de cela.

Le serviteur lui avait déjà montré des bijoux provenant d’Isaac. N’est-ce pas ce que le Saint Esprit fait aujourd’hui selon Jean 16:14 ? Il prend des choses de Christ et nous les donne. Il cherche à rendre la personne de l’Epoux plus grande à nos yeux.

Avons-nous déjà réagi à ce que le Saint Esprit nous montre de Christ en disant : « J’irai » ? Quelle bénédiction quand nous l’avons fait ! L’épouse ne connait ni les dangers du voyage qui est devant elle, ni l’Epoux lui-même. Cela nous fait penser à 1 Pierre 1:8 : « lequel, quoique vous ne l’ayez pas vu, vous aimez ». L’amour de l’épouse pour l’Epoux s’est enflammé et elle dit : « J’irai. »

Une fois dans ta vie, il te faut faire le pas. Combien de temps hésiteras-tu encore entre les deux côtés ? Un peu pour le Seigneur, oui  mais ensuite le monde, le monde, toujours et encore le monde… Le Seigneur aimerait que tu viennes à Sa rencontre. Nous avons dans ce passage, et l’épouse qui va et l’époux qui vient. A la fin de la Parole de Dieu nous avons la ferme promesse de l’Epoux : « Je viens bientôt. » Il ne tardera pas. Mais toi : Vas-tu à Sa rencontre ?

Conduite à travers le désert vers Isaac

Rebecca se confie dans la direction du serviteur et s’en va après lui. C’est exactement ce que nous trouvons en Romains 8:14 : « Car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. » La direction du Saint Esprit ne s’opère pas uniquement dans les réunions. Peut-être considérons-nous la direction du Saint Esprit plus importante quand nous sommes rassemblés que dans notre vie individuelle. Si nous n’avons pas appris « à aller après l’homme » dans notre vie quotidienne, comment pouvons-nous le faire lorsque nous sommes réunis en assemblée ?

On aurait pu s’attendre à une description de cette traversée du désert entre les versets 61 et 62. Mais cette traversée est finie en un instant pour ainsi dire. Le serviteur aura certainement beaucoup raconté au sujet de son maître. C’est ainsi que ce voyage a vite passé et qu’ils arrivent déjà au but. Pour nous c’est la même chose. Si nous regardons aux ennuis et difficultés de notre vie, la traversée peut nous sembler bien longue. Mais quand le regard est fixé sur l’Epoux, le voyage est rendu plus facile. C’est encourageant de réaliser que le Saint Esprit nous conduit à travers le désert de ce monde.

Isaac lève les yeux

Nous vivons au soir du temps de la grâce. La nuit s’approche. Nous n’aurons plus beaucoup de temps pour montrer notre fidélité au Seigneur Jésus. Isaac est déjà en chemin. « Celui qui vient viendra, et il ne tardera pas » (Hébreux 10:37). Il médite dans les champs, étant venu du puits de Lakhaï-roï. Sur quoi pouvait-il bien méditer ? Ses pensées s’en allaient sûrement vers l’épouse. Viendra-t-elle bientôt ?

Et il leva ses yeux. Ne trouvons-nous pas dans le fait de lever les yeux, un indice de ce dont le cœur est occupé ? C’est vrai autant pour Isaac ici que pour Abraham au chapitre 22:4, mais aussi pour Rebecca au verset 64. Isaac lève les yeux – et voit Rebecca.

Et Rebecca aussi lève ses yeux. Son cœur était aussi occupé de l’Epoux. Et au moment où elle voit l’Epoux, il y a de l’agitation dans la caravane. Elle descend du chameau et met son voile. Personne ne devait voir combien elle était belle si ce n’est Isaac. Elle s’est voilée pour n’être là que pour lui. C’est ce que nous trouvons dans 2 Corinthiens 11:2 : « car je vous ai fiancés à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste. »

Et il l’aima

Isaac conduit finalement Rebecca dans la tente de Sara, sa mère. Nous y voyons en figure l’immense amour du Seigneur Jésus. Israël l’avait rejeté. Mais il est consolé à son sujet parce qu’il a maintenant l’Epouse auprès de lui. Le Seigneur nous conduira dans la maison du Père lorsqu’il sera venu nous chercher. Ensuite auront lieu les noces de l’Agneau (Apocalypse 19).

Le Seigneur Jésus dit en Jean 15:9 : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » Ceci sera notre joie pour l’éternité. Nous serons comblés par l’amour du Père et par l’amour de notre Sauveur. Et ceci durera éternellement : « Et il l’aima. »



Auteur: D’après une méditation de Christian Briem