..

Inscription

<retour
   
Question sur mise en commun des biens

Question:

Au début de l’histoire de l’Eglise, nous voyons les croyants mettre leurs biens en commun. Ils vendaient leurs possessions et apportaient aux apôtres le produit de leurs ventes. L’argent était redistribué selon les besoins de chacun, de sorte qu’il n’y avait parmi eux aucune personne nécessiteuse (Actes 2, 42-45; 4, 32-35). Avons-nous reculé depuis ce temps-là? Est-ce un modèle que nous devrions chercher à suivre aujourd’hui?

Réponse:

1. Un élan de cœur

Ce bel état de choses du début nous est présenté comme le résultat spontané de l’action de l’Esprit de Dieu dans les croyants, au moment où il est venu habiter en eux. C’était un témoignage visible du fait qu’ils étaient constitués en un seul corps (cf. Rom. 12, 5; 1 Cor. 12, 12, 13). «La multitude de ceux qui avaient cru était un cœur et une âme» (Actes 4, 32). A ce moment-là, le témoignage de la puissance de l’Esprit a aussi été rendu par les miracles accomplis par les apôtres (Actes 2, 43; 5, 12; 14, 3) et par les langues étrangères utilisées de façon surnaturelle et efficace par ceux qui prêchaient l’évangile (Actes 2, 4, 11). Ces miracles et ces langues sont une chose passée.

2. Des débuts glorieux

Il est utile de remarquer qu’à plusieurs reprises, au cours des temps, il a plu à Dieu de souligner de façon glorieuse l’introduction d’une chose nouvelle. On peut penser au feu qui est venu de la part de Dieu pour consumer les premiers sacrifices, que ce soit au moment de l’achèvement du tabernacle (Exode 40, 34; Lévitique 9, 23) ou après la construction du temple de Salomon (2 Chroniques 7, 1-3). Dans les deux cas, la gloire de l’Eternel est apparue. On peut penser aussi à la première conquête lors de l’entrée d’Israël en Canaan: les murs de Jéricho tombent sans que les hommes les touchent (Josué 5). Et le jugement du premier mal qui s’est manifesté dans l’assemblée a été la mort immédiate de ceux qui l’avaient commis, Ananias et Sapphira (Actes 5). [Voir ME 1 1998, p. 349 = Les Dispensations / Les premiers temps de l’Eglise].

3. De la générosité et des collectes

Dans la suite du livre des Actes et dans les épîtres, nous ne trouvons plus cette mise en commun des biens matériels. Par contre, il y a plusieurs exemples de croyants qui donnent pour subvenir aux besoins des pauvres, et d’abondantes exhortations à le faire. En Actes 11, les disciples donnent «chacun selon ses ressources» pour les frères de Judée (v. 29). Paul, au cours de son troisième voyage, organise une collecte en faveur des pauvres de sa nation (Actes 24, 17), et il en parle dans les épîtres aux Romains et aux Corinthiens, en encourageant les croyants à y participer.

Dans la première épître à Timothée, Paul donne des exhortations très précises à l’intention des riches. «Ordonne à ceux qui sont riches dans le présent siècle, qu’ils ne soient pas hautains et qu'ils ne mettent pas leur confiance dans l'incertitude des richesses, mais dans le Dieu qui nous donne toutes choses richement pour en jouir; qu'ils fassent du bien; qu'ils soient riches en bonnes œuvres; qu’ils soient prompts à donner, libéraux» (6, 17, 18).

4. Un principe qui demeure.

Au début des Actes, «nul ne disait d’aucune des choses qu’il possédait qu’elle fût à lui» (4, 32). Nous ferions bien de garder cela dans nos cœurs. Ce que nous possédons – ce qui est dans notre porte-monnaie ou sur notre compte en banque – appartient en fait au Seigneur. Ce sont, selon l’expression employée par Jésus dans une parabole, des «richesses injustes» (Luc 16, 9). Elles appartiennent à notre Maître, et nous sommes responsables de les administrer. Considérons-nous notre argent comme nous appartenant, ou comme appartenant au Seigneur?

5. Conclusion

Cette mise en commun des biens est donc spécifique au bel état de choses réalisé au début de l’histoire de l’Eglise. Elle n’est pas un modèle que nous devrions chercher à imiter littéralement. Cherchons cependant à imiter cet élan de cœur, et retenons bien le principe rappelé ci-dessus concernant l’appartenance de nos biens.

1 ME pour «Messager évangélique» - périodique mensuel dont la parution a commencé en 1860 et qui s’est continuée jusqu’à nos jours. (http://www.eblc.ch/)»



Auteur: Jacques-André Monard